[opinion] Pourquoi le pacifisme ne marchera jamais

J’ai eu récemment une discussion (très) rapide concernant le pacifisme dans l’activisme écologique (et donc pour les droits de l’Homme, anti-capitaliste, anti-civilisation, anti-destruction de l’humanité et politique à la con). Je n’ai pas été satisfaite de mes arguments concernant ma position, je vais donc les expliquer plus clairement ici parce que de toute façon ce blog devrait changer de titre et s’appeler « pourquoi je hais l’humanité ».

L’une des première faille qui m’a récemment sauté aux yeux dans nos moyens de protestations pacifistes, c’est qu’ils sont légaux, donc autorisés par le système même qu’ils combattent (que ce soit les corporations ou le gouvernement, qui soit dit en passant, sont deux faces d’une même médaille). Il me semble évident qu’un système qui se légitime par le monopole de la violence ne va pas autoriser des moyens d’actions lui portant réellement préjudice. Je considère les manifestations, pétitions et autre fax comme l’équivalent de dire à Leatherface « oh mec c’est pas cool arrête de découper des gens franchement t’es pas sympa ».

Évidemment, en disant ça, je pars du principe que notre démocratie actuelle ne marche pas. Trouvez-moi une seule personne avec des principes moraux acceptables qui se considère comme réellement représentée par le système gouvernemental actuel et à l’impression de posséder un vrai pouvoir décisionnaire. Ce qu’on a, c’est une délégation. On vote une fois tout les 4 ans pour un mec à qui on donne le droit de décider ce qu’il veut, avec l’appui d’une bande de joyeux drilles qu’il désigne lui-même et qui travaillent activement à maintenir leur propre pouvoir et faire profiter les intérêts de leur parti, leur portefeuille, et leur potes. Avec, évidemment, le soutient de la grande majorité de la sphère médiatique (prenez en exemple Le Monde, que l’on a probablement payé 35 000 euros pour fermer sa gueule sur la catastrophe écologique de Notre-Dame-des-Landes).

Encore une fois, vous avez le droit de ne pas être d’accord. Lire la suite

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[Opinion] Pourquoi partir

Je ne suis pas morte ! Je reviens avec un article assez personnel, désolée pour le seul lecteur qui me reste et qui s’attendait peut être à un truc vachement profond. Ce qui suit est une réflexion pour ancrer mes propres idées et faire le point. Mais ça parle quand même de la Corée ! Un peu. Wahou.

Par ailleurs, en me relisant, je me suis rendue compte que j’étais sacrément énervée, voir assez radicale, dans mon discours. Sortez les fourches !

Suite à la conclusion de mes études, j’ai décidé de partir avec un visa vacance-travail en Corée du Sud (no shit). Et récemment, je me suis interrogée sur les raisons profondes qui me pousse à partir pour ce pays avec lequel j’entretiens une relation d’amour-haine pour le moins ambiguë, histoire d’aller au delà du « j’ai rien à faire ici de toute façon » et « c’est cool comme pays ».

Il faut savoir que la Corée concentre, en son état actuel, et à des degrés beaucoup plus importants qu’ici, pratiquement tout ce qui va à l’encontre de mes propres principes et opinions : culte de l’apparence, de la modernité et de la technologie, patriarchie, bigoterie, xénophobie, censure, capitalisme et urbanisation à outrance, militarisation, conformisme et j’en passe*. Ne me sortez pas des exemples de vos amis coréens qui ne sont absolument pas comme ça, je fais ici état de tendances générales que je décèles, moi personnellement, dans la société coréenne actuelle. Vous avez le droit de ne pas être d’accord. Lire la suite

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POM – Busan Samrak rock festival 2012

À l’occasion d’un cours de multimédia dans le cadre de mes études à l’inalco (le même qu’à l’origine ce ce blog), j’ai du réaliser un POM (petit objet multimédia) sur un sujet libre. Comme c’est les vacances et que l’été semble arrêter de faire son timide, j’ai pris un sujet estival, à savoir le sacre du printemps.

En août dernier j’ai effectué une summer school à Daegu, la ville de province la plus passionnante du monde, dont l’un des principaux avantages est d’être relativement proche de Busan. Étant la seconde plus grosse ville du pays, Busan est assez dynamique, notamment en ce qui concerne la vie culturelle, et propose entre autre le Busan Rock Festival, qui avait lieu cette année-là au parc Samrak.

Comme l’indique mon chef-d’œuvre, le festival se déroule sur trois jours et l’accès est totalement gratuit (prenez quand même votre portefeuille si vous voulez manger ou boire sur place). Malheureusement pour moi, les groupes que je voulaient vraiment voir (à savoir No Brain, Monni et The Black Skirts) passaient le soir du dernier jour quand nous étions dans le bus du retour (d’ailleurs un jour je consacrerai un article aux cars coréens, quelque part ils le méritent). Lire la suite

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Pieta, Cheonggyecheon et le développement urbain

Le dernier film de Kim Ki Duk, Pieta, se passe à Cheonggyecheon, quartier de Séoul connu pour sa rivière aménagée, où familles, touristes et jeunes couples viennent se promener, et où la mairie organise un festival de lanternes et de nombreux concerts. Le film, cependant, se situe bien loin de la rivière, dans la partie de Cheonggyecheon encore (pour combien de temps ?) occupée par des petits ateliers industriels, souvent métallurgiques, tenus par une classe ouvrière à la limite du seuil de pauvreté et souvent contrainte d’emprunter à des usuriers qui, comme on le voit dans le film, n’hésitent pas à user de brutalité pour récupérer leur argent.

Pieta, Kim Ki Duk

Pieta, Kim Ki Duk

Ouvriers endettés, car le prix du logement s’est envolé depuis quelques années, et les projets urbains se sont multipliés. En 2002, quand Lee Myung-Bak, ancien PDG de Hyundai Engineering and Construction, accède à la mairie de Séoul, il met en place les projets « ville nouvelle », vaste plans d’urbanisation qui visent, en gros, à détruire les nombreux quartiers pauvres de Séoul datant de l’après-guerre pour construire des tours (아파트) et autres quartiers résidentiels. La rénovation de Cheonggyecheon en fait aussi partie. Cette rénovation, ainsi que la destruction du quartier de Weolgok à Séoul, a d’ailleurs été documenté par le photographe Ahn Sekwon, dont je vous invite à visiter le site internet. Lire la suite

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Oh Hein-Kuhn

Petit article rapide pour présenter Oh Hein-Kuhn, photographe coréen basé à Séoul qui officie sur différents projets depuis les années 80, et qui a exposé dans le monde (notamment à Paris l’année dernière).

Middlemen, Plate no 15.  Two navy soldiers on a warship, October 2010

Middlemen, Plate no 15. Two navy soldiers on a warship, October 2010

Photographe de portraits, il s’intéresse à des groupes sociaux bien particuliers (les ajumma, les entertainers d’Itaewon, les soldats conscrits…), et si la plupart de ses séries (dont Americans Them, réalisée avec un Graflex d’occasion, ou encore Itaewon Story, chronique assez troublante d’un milieu aujourd’hui disparu) sont réalisées dans la rue, d’autres, plus récentes, sont faites en studio (Cosmetic Girls, série de portraits sur les adolescentes).

Itaewon Story

Itaewon Story

Oh Hein-Khun travaille également pour la presse fashion et le cinéma, où il réalise des affiches de films (notamment Sympathie for Lady Vengeance, 2 Sœurs, L’île…). La plupart de ses séries sont disponibles sur son site, donc je vous conseille fortement d’aller y jeter un œil !

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